Analyse de séquence

J’ai réalisé cet atelier pour le jury jeune franco-allemand du Festival Max Ophüls Preis 2019. Ce jury était composé de jeune de Sarrebruck et de Nantes dans le cadre du partenariat entre les deux ville. Mon choix s’est porté sur « Die Mörder sind unter uns » pour deux raisons. D’une part, je souhaitais mettre en avant Wolfgang Staudt, réalisateur originaire de Sarrebruck; et d’autres part pour son interêt historique, car il s’agit entre autre du premier film allemand d’après guerre.

L’atelier s’est déroulé avec un petit groupe (9 collégiennes et collégiens), sur une durée de deux heures environ mais il peut être raccourci. Je vous propose l’atelier entier, mais libre à vous de l’adapter ensuite à vos besoins.

Pour cette atelier, j’ai fabriqué des photogrammes à partir d’image du film. Ces images sont des captures d’écran que j’ai ensuite imprimé et découpé. Pour renforcer les images je conseil de les coller sur du carton ou de les plastifier. Ils permettent d’ajouter de la manipulation et casser l’aspect trop théorique de l’analyse. Néanmoins, ils ne sont pas indispensable.

Vous trouverez ci-dessous tous les documents que j’ai utilisé. Ainsi que le dossier pédagogique en pdf, prêt à être imprimé.

Le dossier pédagogique
Les photogrammes
Les noms des plans et les plans

INTRODUCTION

Vocabulaire cinématographique

Avant de commencer l’analyse, voir le vocabulaire de cinéma en français et allemand

Fiche vocabulaire de Ciné fête

Fiche vocabulaire de l’Institut Goethe

Le  contexte historique du film

  • L’extrait provient du film « Die Mörder sind unter uns » de Wolfgang Staudt réalisé en 1946.
  • Que peut-on dire sur cette période historique ? (Exemple : fin de la guerre, ville détruite, notamment Berlin ; Allemagne divisée en plusieurs zones d’occupation)
  • Commencer à présenter le film (peut-être projeter l’affiche) et préciser un peu plus le contexte historique du film.

Résumé : Le film de Wolfgang Staudte se déroule dans les ruines de Berlin au lendemain de la capitulation. Un médecin alcoolique traumatisé par ce qu’il a vu pendant le conflit, découvre qu’un ancien officier nazi, qu’il croyait mort, a retrouvé ses fonctions de directeur d’usine dans la vie civile, dynamique protagoniste de la reconstruction économique du pays. Le médecin est le seul à savoir que cet homme, respectable père de famille, est un criminel de guerre dont les exactions sont demeurées impunies. Le médecin ourdit alors un projet de vengeance, pour que justice soit faite, mais aussi pour retrouver sa dignité et sa volonté de continuer à vivre malgré les horreurs du nazisme.

Histoire : Il s’agit du premier film allemand d’après-guerre, tourné au lendemain de la capitulation dans les décombres de Berlin. On appelle ces films « Trümmerfilm » ce qui signifie « film de décombre » ou « cinéma de ruine ». C’est également le premier film produit par les studios de cinéma DEFA, fondés en 1946. « Contrairement aux films produits en RFA après-guerre il ne cherche pas à déculpabiliser la population allemande d’avoir cédé à la fascination – et à l’exercice du mal, en reportant la faute sur quelques hauts dirigeants, dans un mélange d’oubli et de contrition, mais invite au contraire à la dénazification complète du pays et aux procès des criminels de guerre. »

ANALYSE

ACTIVITÉ 1- Visionnage 1

Présenter la séquence sans entrer dans les détails : il s’agit des toutes premières minutes du film

  • Visionner une première fois la séquence.
  • Regarder la séquence puis en discuter et faire un résumé commun: que venons-nous de voir ? Qu’apprenons-nous ? Que se passe-t-il ?

RésuméExemple: On découvre deux protagonistes, d’abord le médecin au milieu des décombres, puis qui rentrent chez lui. Ensuite, une jeune femme, Susanne Wallner, qui revient à Berlin après sa détention dans un camp de prisonnier.  Elle retourne voir une ancienne connaissance.

  • Retrouver la bonne chronologie : remettre les photogrammes dans le bon ordre. Pour se faire, il est possible de diviser la séquence en trois parties, ainsi ils peuvent travailler en groupe sur quelques photogrammes. Après avoir ordonné les photogrammes confiés, ils devront remettre les trois parties dans le bon ordre. (Ensuite, vérification après le deuxième visionnage de la séquence)

Les photogrammes choisis permettent de mettre en avant certains détails (plans, échelle de plan, personnages…)

ACTIVITÉ 2- Visionnage 2

  • Visionner une deuxième fois la séquence.
  • Vérifier que la chronologie des photogrammes est correcte.
  • Associer le vocabulaire et l’image (activité que l’on peut préparer pendant le deuxième visionnage. J’avais découpé les noms et les images, puis je les ai disposés sur une table pour que tout le monde puisse voir et manipuler).
  • Aborder une autre question : si l’on schématise grossièrement, l’un des personnages incarne l’espoir et l’autre le désespoir. Sans entrer encore dans les détails, juste a première vu quel personnage incarne quoi ? (femme -> espoir / homme -> désespoir). Ce qui nous amène au troisième visionnage en gardant en tête tout les infos que l’on a accumulé aujourd’hui (histoire, plan…)

ACTIVITÉ 3- Visionnage 3

  • Présenter la troisième activité avant de voir le film une troisième fois.
  • Analyse plus détaillée, notamment sur la question d’incarnation de l’espoir et du désespoir. Travaille en groupe : un groupe se focalise sur la femme et l’autre sur l’homme. Dans les deux cas, ils doivent chercher tous les éléments qui nous amènent à penser que la femme incarne l’espoir et l’homme le désespoir.
  • Chaque groupe organise ses idées afin de présenter ses recherches à l’autre groupe (par exemple sur de grandes feuilles).
  • Présentation et discussions des résultats avec l’autre groupe.

Dernière piste de réflexion s’il reste du temps : qu’est ce qui interpelle autour de cette figure féminine (une femme qui revient d’un camp de prisonnier belle et apprêtée) ?

Informations complémentaires : « Certains historiens soutiennent que l’effondrement de la société national-socialiste y a entrainé une crise aigue de la masculinité et que la reconstruction d’une quelconque forme d’autorité masculine relevait alors d’un vrai défi. Différentes études ont montré que, dans le contexte de la défaite, les femmes étaient à la fois considérées comme des coupables, qui avaient trahi sur le plan sexuel, et comme des icônes de pureté morale, que n’avaient pas souillées les crimes nazis. A ce titre, elles se virent confier la responsabilité de « recoller les morceaux », au sens littéral comme au sens figuré, celle d’assurer un nouveau départ et d’aider les hommes à assumer leur propre passé. Dans cette optique, Elizabeth Heineman a souligné l’importance des figures féminines, ces « femmes des ruines », dans le Trümmerfilm (« film de décombre) qui domine la production cinématographique allemande sous l’occupation alliée. »

Pour plus d’informations :
https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2016/05/01/les-assassins-sont-parmi-nous-de-wolfgang-staudte/
http://www.film-kultur.de/publikationen/moerder_unter_uns.pdf

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