Who am I : keine System ist sicher

De: Baran bo Odar
Année: 2014
Avec: Tom Schilling, Elyas M’Barek, Hannah Herzsprung, Wotan Wilke Möhring

RESUME

Benjamin, un pirate informatique talentueux, ne trouve d’intérêt et de sentiment d’existence que dans le monde virtuel. Il finit par intégrer un petit groupe de hacker, CLAY, mené par le charismatique Max. Cette rencontre lui permet enfin de déployer l’étendu de son talent. Leur but est avant tout de se faire un nom dans le monde des hackers à travers des actions originales et toujours plus osées.  Cependant, ces élans d’audaces vont conduire Benjamin à devenir le hacker le plus recherché.

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRE

  • En 2014 le film a été présenté en première mondiale au Toronto International Film Festival dans la catégorie „Contemporary World Cinema“.
  • Le parti (BND) contre lequel CLAY élabore un plan est une allusion au parti NPD (Nationaldemokratische Partei Deutschlands)
  • Au cours du film, un tableau apparait à plusieurs reprise (il accroché sur le mur du médecin qui soigne la grand-mère de Benjamin). Il s’agit  de « La reproduction interdite » du peintre surréaliste René Magritte (1937)
  • Le titre du film est basé sur la commande d’un système d’exploitation réellement existant nommée « whoami ». Ce système est utilisé pour trouver sa propre identité d’utilisateur sur un ordinateur lorsqu’il y a plusieurs utilisateurs possibles.
  • Il s’agit du premier thriller allemand, depuis les années 1980, à prendre la première place dans le classement des films allemands. (Avant cela, la place était détenue par le film policier Schimanski)
  • Dans le cadre des SchulKinoWochen (un dispositf d’éduction à l’image*) le film a été proposé comme sujet au classe de huitième dans plusieurs matières telles que allemand, politique, étude sociales…

*Les SchulKinoWochen : il s’agit d’un programme d’éducation à l’image tel qu’Enfance au cinéma en France. Il est organisé par VISION KINO en collaboration avec différents partenaires de  chaque Länder notamment les Ministères de l’Education et de la Culture (Bildungs- und Kultusministerien ). Pendant ces SchulKinoWochen des classes viennent assister à une projection dans un cinéma proche de l’école. Les films proposent des thèmes en lien avec le programme scolaire. Par ailleurs, ils sont également accompagnés de documents pédagogiques à  disposition des enseignants. Parfois des professionnel.le.s viennent répondre aux questions des élèves.

NOTE PERSONNELLE

J’avais très envie de partager ce film qui s’est avéré être une très chouette découverte, un peu inattendue. Bien que je sois totalement novice en hacking et autre prouesses informatiques, le film a su très vite me captiver. Malgré les interventions techniques par moment bien obscures à ma compréhension mais également questionnables sur leur vraisemblance, j’ai accordé ma confiance aux personnages en attendent sagement la suite. Le film laisse peu de temps mort, tout s’enchaîne dans un rythme soutenu qui nous tient en haleine jusqu’au dernier rebondissement. Toutefois, cet enthousiasme a, par moment, failli disparaître, mais la fin a su me convaincre. En effet, presque déçue du dénouement trop proche d’une autre référence cinématographique que je tairai ici, le film nous emporte finalement dans une autre direction. Le tout est servi dans une esthétique soignée, grise et oppressante. Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié la matérialisation du cyberspace permettant ainsi de mieux se le figurer. Who Am I laisse une emprunte forte à l’esprit.

Systemsprenger

Réalisatrice: Nora Fingscheidt
Année :2019
Avec : Helena Zengel, Albrecht Schuch, Gabriela Maria Schmeide, Lisa Heigmeister

RESUME

Que faire d’une enfant inadaptée aux normes du système éducatif ? Tel est l’enjeu proposé à travers ce film. Benni, neuf ans, négligée par sa mère, enchaîne les foyers pour enfants turbulents jusqu’à épuisement. En effet, la jeune fille est en proie à de violentes crises d’agressivités qui la rendent dangereuse aussi bien pour les autres que pour elle. Pourtant, Benni souhaite simplement être protégée et retrouver l’amour maternelle qui lui manque. Heureusement, elle n’est pas seule. Une assistante sociale et un éducateur vont tout faire pour l’aider à guérir ses blessures afin qu’elle puisse trouver une place dans le monde.

INFORMATION COMPLEMENTAIRE

  • Il s’agit du premier long métrage pour la réalisatrice Nora Fingscheidt.
  • La première de Systemsprenger a eu lieu dans le cadre de la 69ème édition de la Berlinale.
  • L’intention de Nora Fingscheidt était de créer une expérience de cinéma vive où le but n’était pas de reproduire la réalité car selon elle la réalité est bien pire.
  • La réalisatrice a fait le choix d’une jeune fille de neuf ans sans origine étrangères et avant le début de la puberté. Ceci afin d’écarter tous clichés de catégorisation comme une rébellion liée à la puberté, au sexe ou encore à l’ethnie.
  • Des recherches approfondis pendant cinq ans ont permis l’écriture du scénario. La réalisatrice a notamment travaillé et visité des écoles de soutiens scolaires, des cliniques psychiatriques pour enfants, et a eu de nombreuses conversations avec le personnel des institutions.
  • La thématique est née lors du tournage du documentaire Das Haus neben den Gleisen. Le film traite de la vie quotidienne d’une pension pour femme à Stuttgart qui accueille des femmes sans domicile fixe. Parmi elle, une jeune fille de 14 ans refusée dans toutes les institutions de protection de la jeunesse.

SITE OFFICIEL: https://www.systemsprenger-film.de/  -> Voici le lien du site officiel. Vous y trouverez de nombreuses informations et documents à télécharger (photos, matériel pédagogique…). Il y a notamment une explication détaillée sur les recherches et les choix fait par la réalisatrice pour la création de ce film, tel que le questionnement sur la plausibilité des faits, le choix du titre, montrer la complexité du système d’aide et le ressentis des acteurs de ce système. De plus, le site donne un lien vers une vidéo qui tente de définir le terme de « Systemsprenger ». Le tout est en allemand.

NOTE PERSONNELLE

Cela faisait plusieurs mois que j’entendais parler de ce film jusqu’à sa consécration au Deutscher Filmpreis. Aux premiers abords, l’histoire ne me semblait pas particulièrement attirante. Ce sont finalement les extraits passés pendant la cérémonie des Lola et, je l’avoue, le fait qu’il ait reçu de nombreux prix dont celui du meilleur film qui ont su me convaincre. Finalement le film m’a séduite ! Il mérite amplement ses récompenses, notamment la jeune actrice, Helena Zengel (Beste weibliche Hauptrolle). Non sans rappeler le personnage de Steve dans Mommy de Xavier Dolan, Helena Zengel livre une fantastique performance avec son personnage branché sur mille voltes tout en faisant preuve d’une grande tendresse et sensibilité.

Une œuvre intense loin d’être de tout repos, emprunte d’une forte empathie kinesthésique. Le film n’est pas seulement visuel, mais il a également quelque chose de physique. A aucun moment se dessine une réponse simple, tout est constamment remis en question. Ainsi, la réalisatrice met en scène une réalité dure où les petites lueurs d’espoir sont rapidement mises à mal et place le spectateur en position d’impuissance comme peuvent le ressentir l’assistante sociale ou l’éducateur à bout de solution. Bien que la réalité soit encore plus rude on découvre les rouages complexes d’un système d’aide à l’enfance. Une œuvre qui marque les esprits et le corps, et montre le travail remarquable de Nora Fingscheidt et de ses acteurs.

Werk ohne Autor (L’Oeuvre sans auteur)

De : Florian Henckel von Donnersmarck
Année : 2019
Avec : Tom Schilling, Sebastian Koch, Paula Beer, Saskia Rosendahl, Lars Eidinger, Hanno Koffler

RESUME

Kurt est peintre, il découvre sa vocation après la visite d’une exposition sur « l’art dégénéré » à Dresde en 1937 au côté de sa tante qui sera internée et assassinée par les nazis du fait de ses troubles psychiatriques. Plus tard, en RDA, il intègre les Beaux-arts où il doit, non sans peine, s’adapter aux exigences du « réalisme socialiste ». Puis, il passe en RFA, aux côtés d’Ellie une étudiante en mode dont il tombe amoureux. Là-bas, il peut enfin pleinement exercer son art. Toutefois, une ombre vient noircir le tableau. Bien que Kurt l’ignore, le père d’Ellie, médecin reconnu, est étroitement lié au passé terrible de sa famille.

Réalisme socialiste : le réalisme socialiste est une doctrine littéraire et artistique du XXᵉ siècle inspirée du réalisme et dans laquelle l’œuvre doit refléter et promouvoir les principes du communisme de type soviétique


NFORMATION COMPLEMENTAIRE

  • Le film a été nommé aux Oscars dans la catégorie meilleur film étranger et à celui de la meilleure photographie.
  • Il s’agit du troisième long métrage pour Florian Henckel von Donnersmarck, et marque son retour en Allemagne après « The Tourist » avec Angelina Jolie et Johnny Depp.  
  • Le tournage s’est déroulé à Berlin, en Saxe, en Rhénanie du Nord-Westphalie et en Pologne.
  • Le personnage de Kurt Barnert s’inspire d’un véritable peintre : Gerhard Richter, né en 1932 à Dresde et vivant désormais à Cologne.
Gerhard Richter
  • Ce n’est pas sans raison que le réalisateur se lance dans l’écriture du film en 2014. En effet, il a été fortement imprégné par l’art. Alors qu’il n’a que dix ans, il est marqué par l’exposition d’œuvres avant-gardistes « Zeitgeist » au Martin Gropius Bau de Berlin. Plus tard, la découverte du peintre Gehrard Richter renforcera cette impression.
Gerhard Richter, “Fuji”, Oil on aluminium, 37.4 x 29.2cm, 1996
Gerhard Richter, “Rosen”, Offset lithograph on paper, 63 x 63cm, 1994

  • L’exposition que l’on découvre au début du film réunie les œuvres de peintres comme Picasso ou Kirchner considérés comme malade par le régime nazi. L’art moderne sera interdit au profit d’un art officiel. Inaugurée à Munich en 1937, l’exposition voyage à travers l’Allemagne et l’Autriche et réunira plusieurs millions de visiteurs. Par ailleurs, sa reconstitution nécessitera de nombreuses recherches et certaines œuvres, depuis détruites, comme Les Invalides de guerre d’Otto Dix, ont dû être reproduites d’après des photos et en collaboration avec les archives des artistes en question.
  • De nombreux peintres ont servis de sources d’inspiration pour l’élaboration du film comme par exemple Richter, Beuys, Polke, Uecker, Mack, Warhol, Yves Klein, Lucio Fontana ainsi que les grands artistes de Düsseldorf de l’époque. Le réalisateur s’est aussi inspiré des études de Thomas Demand à Düsseldorf, ainsi que de ses propres études à l’école de cinéma de Munich. Il a également eu la visite de d’artistes venant soumettre leurs idées.

NOTE PERSONNELLE

Je suis tombée par hasard sur ce film. Attirée par la thématique artistique, je comprends vite qu’il ne s’agit pas là de l’unique sujet puisqu’il nous plonge dans l’horreur du nazisme puis la rigidité de la RDA. Toutefois, le conflit mondial, qui n’en est pas moins intense et poignant, est très vite évacué pour laisser place à l’après-guerre et comment le passé vient travailler la matière artistique. Dès les premières minutes, ont nous rappelle la vision du régime nazi sur quelques artistes comme Picasso ou Chagall, puis le ton s’adoucie. On passe de tableaux peint avec une grande attention à des œuvres cocasses, maltraitées ou grasses… J’ai beaucoup apprécié le traitement réservé à l’art contemporain, tirant parfois vers la dérision, comme dans la scène de la visite de l’exposition de Düsseldorf. Il nous rappelle qu’il est important de garder un œil critique et détaché.

Malgré le ton parfois un peu trop mélodramatique à mon goût,  le film reste très touchant et sait séduire par sa douceur et sa mise en scène soignée. Son approche singulière et substantielle de l’art, sans manquer d’humour, donne une toute autre dimension à toute la complexité de cette Allemagne blessée et divisée. Par ailleurs, il nous permet de réviser quelques faits historiques puisque le film s’étale sur plusieurs années (de la fin des années 1930 aux années 1960). Enfin, il est aussi amusant d’observer les acteurs allemands interpréter à tout de rôle l’oppresseur et l’oppresser. Ainsi, l’acteur Sebastian Koch qui interprétait le dramaturge surveillé par la Stasi dans « La Vie des Autres » devient ici un médecin partisan de l’idéologie nazie.

Deutscher Filmpreis 2020

Voici un aperçu des lauréats de la 70ème édition du Deutscher Filmpreis révélés hier soir lors d’une très belle cérémonie en live.

Une cérémonie singulière adaptée à la situation particulière dans laquelle nous sommes, présentée par Edin Hasanovic sur un plateau sans public et en visioconférence avec les nominé.e.s.

Bester Spielfilm

Lola d’or

Peter Hartwig, Jonas Weydemann, Jakob D. Weydemann

Lola d’argent

Leif Alexis, Jochen Laube, Fabian Maubach

Lola de bronze

Ingo Fliess

Bester Dokumentarfilm

Alex Tondowski, Ira Tondowski

Bester Kinderfilm

Jochen Laube, Fabian Maubach, Clementina Hegewisch

Beste Regie

Nora Fingscheidt

Bestes Drehbuch

Nora Fingscheidt

Beste weibliche Hauptrolle

Helena Zengel

(Systemsprenger)

Beste männliche Hauptrolle

Albrecht Schuch

(Systemsprenger)

Beste weibliche Nebenrolle

Gabriela Maria Schmeide

(Systemsprenger)

Beste männliche Nebenrolle

Albrecht Schuch

(Berlin Alexanderplatz)

Beste Kamera / Bildgestaltung

Yochi Heimrath

Bester Schnitt

Stephan Bechinger, Julia Kovalenko

Beste Tongestaltung

Corinna Zink, Jonathan Schorr, Dominik Leube, Oscar Stiebitz, Gregor Bonse

Beste Filmmusik

Dascha Dauenhauer

Bestes Szenenbild

Silke Buhr

Bestes Kostümbild

Sabine Böbbis

Bestes Maskenbild

Astrid Weber, Hannah Fischleder

Beste visuelle Effekte und Animation

Jan Stoltz, Claudius Urban

Besucherstärkster Film

Bora Dagtekin · Produktion Lena Schömann

Ehrenpreis

Edgar Reitz

Dark

De : Baran bo Odar, Jantje Friese
Annnée : 2017
Avec : Louis Hofmann, Andreas Pietschmann, Maja Schöne

RESUME

La disparition d’un enfant amènent quatre familles dans une quête pour trouver des réponses. La chasse au coupable fait émerger les péchés et les secrets d’une petite ville.

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

  • L’histoire se passe dans une ville fictive, Winden, tournée dans la région de Brandenburg, en Allemagne. La plupart des scènes en extérieurs ont été tournés à la Fahrtechnikakademie Kallinchen, une ancienne zone d’essais militaires de la République démocratique allemande (RDA), près de Berlin.
  • « Il existe véritablement une commune allemande appelée Winden im Elzta (au sud de laquelle se trouve la ForêtNoire, un site naturel connu entre autres pour être lié au folklore allemand et une source d’inspiration des Frères Grimm ), celle-ci ne présente aucun lien avec la ville fictive de la série. En outre, les réalisateurs ont déclaré dans une interview avoir voulu rendre Winden la plus banale possible afin que les spectateurs puissent y voir le lieu de leur choix, plaisant ainsi à une plus grand audience. »
  • « Le tatouage dorsal du prêtre Noah ( Mark Waschke) est une représentation de la Table d’émeraude. Il s’agit de l’un des textes les plus célèbres d’hermétisme, un courant religieux et philosophique dont le personnage semble être l’un des adeptes. Datant du IIème siècle av. J.-C., ce texte débat de l’idée selon laquelle les actions, qu’elles semblent importantes ou insignifiantes, sont toutes liées les unes aux autres et s’influencent mutuellement, ce qui est l’une des thématiques centrales de la série. En outre, les théoriciens du complot arguent que la Table d’émeraude est, en réalité, beaucoup plus ancienne, et que son langage pourrait provenir d’extraterrestres ou de voyageurs dans le temps. »

Freud

De : Marvin Kren
Année : 2020
Avec :Robert Finster, Ella Rumpf, Georg Friedrich

RESUME

Dans le Vienne du XIXème siècle, le jeune médecin Sigmund Freud est amené à résoudre une série de meurtres avec l’aide d’une médium et d’un policier.

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

  • Le tournage a eu lieu entièrement à Prague en République tchèque.
  • Georg Friedrich joue également dans « Helle Nächte » qui figure dans les films proposés dans ce blog.
  • Freud est disponible sur Netflix. Bien que les critiques soient particulièrement assassines, la série cartonne sur la plate-forme. Je vous laisse juge de cette œuvre.
  • La série n’a pas du tout pour vocation un retour sur l’histoire du père de la psychanalyse mais est vraiment à prendre comme une série criminelle.

M – Eine Stadt sucht einen Mörder

De: David Schalko
Année: 2019
Avec: Sarah Viktoria Frick, Gerhard Liebmann, Verena Altenberger, Lars Eidinger

RESUME

L’hiver à Vienne. Des enfants disparaissent, sans laisser de traces. Plus tard, on retrouve leurs corps. Du pain bénit pour la presse à sensation. Pour la police, une série d’échec. Un problème politique. Et en même temps l’opportunité tant attendue pour l’ambitieux ministre de l’intérieur. Le crime organisé est en difficulté. Le meurtrier d’enfants doit être trouvé afin que tous les autres sales boulots puissent continuer.

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

  • Mini série de six épisodes adaptée du film de Fritz Lang, M – Eine Stadt sucht einen Mörder.
  • L’action est ici transposée dans l’Autriche d’aujourd’hui, remuée par la crise des migrants et la montée de l’extrême droite.
  • L’histoire se passe dans une Vienne enneigée. Cependant, n’ayant pas assez de neige, ils ont utilisé 450 tonnes de neige artificielle. Ainsi, 1 400 mètres cubes de neige environ ont été transportés par camion de Lackenhof à Vienne.

A VOIR, A LIRE

En Allemagne, vous pouvez retrouver la série en version premium sur la plateforme de vidéo à la demande TV Now

Deux articles au sujet de la série : Populisten und falsche Propheten et Psychogramm einer Gesellschaft

Bad Banks

De: Oliver Kienle
Année: 2017
Avec: Paula Beer, Désirée Nosbusch, Barry Atsma, Mai Duong Kieu, Albrecht Abraham Schuch

RESUME

Jana, une jeune banquière ambitieuse est renvoyée du Crédit International car elle s’est avérée plus compétente que le fils du PDG. Néanmoins, elle retrouve très vite du travail au sein d’une grande banque allemande de Francfort où elle est prise dans une machination politico-financière.

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES

  • La saison compte deux saisons d’épisodes de 50 minutes.
  • Bad Banks est une série série germano-luxembourgeoise d’Oliver Kienle réalisé par Christian Schwochow.
  • Christian Schwochow a voulu laisser transparaître, dans le scénario et à l’image, l’effervescence du monde de la finance. Ainsi, il voulait souligner l’aspect brillant et excitant de cet univers. Les moments d’improvisation avec les comédiens ont fait partie du procédé.
  • Le rôle de la redoutable Christelle Leblanc interprété par Désirée Nosbusch lui colle à la peau. Dans une interview, l’actrice racontait que des banquiers lui demandaient sont avis sur la finance, comme si ce rôle avait suffit à en faire une spécialiste.
  • Ancien journaliste, le réalisateur Christian Schwochow s’est énormément documenté sur la finance, domaine qu’il ne connaissait pas. Il a mené de nombreux entretiens (une cinquantaine environs) avec des banquiers. De plus, il a enquêté sous une fausse identité au sein d’établissements de Francfort et de Londres.

Analyse de séquence

J’ai réalisé cet atelier pour le jury jeune franco-allemand du Festival Max Ophüls Preis 2019. Ce jury était composé de jeune de Sarrebruck et de Nantes dans le cadre du partenariat entre les deux ville. Mon choix s’est porté sur « Die Mörder sind unter uns » pour deux raisons. D’une part, je souhaitais mettre en avant Wolfgang Staudt, réalisateur originaire de Sarrebruck; et d’autres part pour son interêt historique, car il s’agit entre autre du premier film allemand d’après guerre.

L’atelier s’est déroulé avec un petit groupe (9 collégiennes et collégiens), sur une durée de deux heures environ mais il peut être raccourci. Je vous propose l’atelier entier, mais libre à vous de l’adapter ensuite à vos besoins.

Pour cette atelier, j’ai fabriqué des photogrammes à partir d’image du film. Ces images sont des captures d’écran que j’ai ensuite imprimé et découpé. Pour renforcer les images je conseil de les coller sur du carton ou de les plastifier. Ils permettent d’ajouter de la manipulation et casser l’aspect trop théorique de l’analyse. Néanmoins, ils ne sont pas indispensable.

Vous trouverez ci-dessous tous les documents que j’ai utilisé. Ainsi que le dossier pédagogique en pdf, prêt à être imprimé.

Le dossier pédagogique
Les photogrammes
Les noms des plans et les plans

INTRODUCTION

Vocabulaire cinématographique

Avant de commencer l’analyse, voir le vocabulaire de cinéma en français et allemand

Fiche vocabulaire de Ciné fête

Fiche vocabulaire de l’Institut Goethe

Le  contexte historique du film

  • L’extrait provient du film « Die Mörder sind unter uns » de Wolfgang Staudt réalisé en 1946.
  • Que peut-on dire sur cette période historique ? (Exemple : fin de la guerre, ville détruite, notamment Berlin ; Allemagne divisée en plusieurs zones d’occupation)
  • Commencer à présenter le film (peut-être projeter l’affiche) et préciser un peu plus le contexte historique du film.

Résumé : Le film de Wolfgang Staudte se déroule dans les ruines de Berlin au lendemain de la capitulation. Un médecin alcoolique traumatisé par ce qu’il a vu pendant le conflit, découvre qu’un ancien officier nazi, qu’il croyait mort, a retrouvé ses fonctions de directeur d’usine dans la vie civile, dynamique protagoniste de la reconstruction économique du pays. Le médecin est le seul à savoir que cet homme, respectable père de famille, est un criminel de guerre dont les exactions sont demeurées impunies. Le médecin ourdit alors un projet de vengeance, pour que justice soit faite, mais aussi pour retrouver sa dignité et sa volonté de continuer à vivre malgré les horreurs du nazisme.

Histoire : Il s’agit du premier film allemand d’après-guerre, tourné au lendemain de la capitulation dans les décombres de Berlin. On appelle ces films « Trümmerfilm » ce qui signifie « film de décombre » ou « cinéma de ruine ». C’est également le premier film produit par les studios de cinéma DEFA, fondés en 1946. « Contrairement aux films produits en RFA après-guerre il ne cherche pas à déculpabiliser la population allemande d’avoir cédé à la fascination – et à l’exercice du mal, en reportant la faute sur quelques hauts dirigeants, dans un mélange d’oubli et de contrition, mais invite au contraire à la dénazification complète du pays et aux procès des criminels de guerre. »

ANALYSE

ACTIVITÉ 1- Visionnage 1

Présenter la séquence sans entrer dans les détails : il s’agit des toutes premières minutes du film

  • Visionner une première fois la séquence.
  • Regarder la séquence puis en discuter et faire un résumé commun: que venons-nous de voir ? Qu’apprenons-nous ? Que se passe-t-il ?

RésuméExemple: On découvre deux protagonistes, d’abord le médecin au milieu des décombres, puis qui rentrent chez lui. Ensuite, une jeune femme, Susanne Wallner, qui revient à Berlin après sa détention dans un camp de prisonnier.  Elle retourne voir une ancienne connaissance.

  • Retrouver la bonne chronologie : remettre les photogrammes dans le bon ordre. Pour se faire, il est possible de diviser la séquence en trois parties, ainsi ils peuvent travailler en groupe sur quelques photogrammes. Après avoir ordonné les photogrammes confiés, ils devront remettre les trois parties dans le bon ordre. (Ensuite, vérification après le deuxième visionnage de la séquence)

Les photogrammes choisis permettent de mettre en avant certains détails (plans, échelle de plan, personnages…)

ACTIVITÉ 2- Visionnage 2

  • Visionner une deuxième fois la séquence.
  • Vérifier que la chronologie des photogrammes est correcte.
  • Associer le vocabulaire et l’image (activité que l’on peut préparer pendant le deuxième visionnage. J’avais découpé les noms et les images, puis je les ai disposés sur une table pour que tout le monde puisse voir et manipuler).
  • Aborder une autre question : si l’on schématise grossièrement, l’un des personnages incarne l’espoir et l’autre le désespoir. Sans entrer encore dans les détails, juste a première vu quel personnage incarne quoi ? (femme -> espoir / homme -> désespoir). Ce qui nous amène au troisième visionnage en gardant en tête tout les infos que l’on a accumulé aujourd’hui (histoire, plan…)

ACTIVITÉ 3- Visionnage 3

  • Présenter la troisième activité avant de voir le film une troisième fois.
  • Analyse plus détaillée, notamment sur la question d’incarnation de l’espoir et du désespoir. Travaille en groupe : un groupe se focalise sur la femme et l’autre sur l’homme. Dans les deux cas, ils doivent chercher tous les éléments qui nous amènent à penser que la femme incarne l’espoir et l’homme le désespoir.
  • Chaque groupe organise ses idées afin de présenter ses recherches à l’autre groupe (par exemple sur de grandes feuilles).
  • Présentation et discussions des résultats avec l’autre groupe.

Dernière piste de réflexion s’il reste du temps : qu’est ce qui interpelle autour de cette figure féminine (une femme qui revient d’un camp de prisonnier belle et apprêtée) ?

Informations complémentaires : « Certains historiens soutiennent que l’effondrement de la société national-socialiste y a entrainé une crise aigue de la masculinité et que la reconstruction d’une quelconque forme d’autorité masculine relevait alors d’un vrai défi. Différentes études ont montré que, dans le contexte de la défaite, les femmes étaient à la fois considérées comme des coupables, qui avaient trahi sur le plan sexuel, et comme des icônes de pureté morale, que n’avaient pas souillées les crimes nazis. A ce titre, elles se virent confier la responsabilité de « recoller les morceaux », au sens littéral comme au sens figuré, celle d’assurer un nouveau départ et d’aider les hommes à assumer leur propre passé. Dans cette optique, Elizabeth Heineman a souligné l’importance des figures féminines, ces « femmes des ruines », dans le Trümmerfilm (« film de décombre) qui domine la production cinématographique allemande sous l’occupation alliée. »

Pour plus d’informations :
https://www.arte.tv/sites/olivierpere/2016/05/01/les-assassins-sont-parmi-nous-de-wolfgang-staudte/
http://www.film-kultur.de/publikationen/moerder_unter_uns.pdf

Ein bisschen bleiben wir noch (Oskar et Lily)

Réalisateur: Arash T. Riahi
Année: 2020
Avec: Leopold Pallua, Rosa Zant, Christine Ostermayer

RESUME

Oskar et Lilli, deux enfants réfugiés tchétchènes de 8 et 13 ans, vivent en en Autriche depuis six ans avec leur mère. Ils sont sur le point d’être tous les trois expulsés quand leur mère tente de se suicider entraînant ainsi la suspension à court terme de leur expulsion, mais aussi la séparation de la petite famille. L’espoir des enfants de retrouver leur mère est nourri par l’amour qu’ils se portent l’un à l’autre et défie tous les obstacles bureaucratiques avec passion et poésie. Une odyssée douce-amère sur les multiples façons de percevoir le monde qui vous entoure pour survivre.

k

INFORMATION COMPLEMENTAIRE

  • Le tournage a eu lieu à Vienne et en Basse-Autriche.
  • La première a eu lieu en 2020 au festival Max Ophüls Preis. D’ailleurs, le film a reçu le prix du public Publikumspreis Spielfilm 2020.
  • Le film est basé sur le roman « Oskar und Lilli » de Monika Helfer publié en 1994. Néanmoins, il diffère quelque peu de l’ouvrage. Initialement, le livre ne parle pas d’enfants réfugiés mais de deux enfants qui ont perdu leur maison en raison des troubles psychologiques de leur mère. Le réalisateur a décidé d’opérer ces modifications afin d’en faire un film politique. Lui-même émigré d’Iran en Autriche durant son enfance, il s’est beaucoup retrouvé dans le personnage d’Oscar.
  • Le réalisateur considère le film comme la pièce maîtresse d’une « trilogie de l’évasion » qu’il a commencée en 2008 par une approche documentaire avec « Ein Augenblick Freiheit » qui contait l’histoire d’Ali et Merdad fuyant l’Iran afin de rejoindre l’Autriche pour des raisons familiales. Il souhaite conclure ce triptyque par une reconstruction analytique et abstraite d’une véritable tragédie provisoirement intitulée « Eine Herzensgeschichte ».

NOTE PERSONNELLE

Tout comme Landrauschen, j’ai découvert ce film au Festival Max Ophuls Preis. Choisie au hasard en dernière minute et un peu par défaut, il s’est avéré être une très bonne surprise. En effet, en lisant le résumé je m’attendais à une toute autre ambiance car il ne laissait pas entrevoir une histoire très réjouissante. De plus, je craignais qu’il soit difficile à suivre linguistiquement car il s’agit d’un film autrichien (et j’ai eu beaucoup de mal à comprendre le dernier film autrichien vu durant ce festival). Finalement, le film s’est révélé incroyablement lumineux et plein d’espoir, notamment à travers la figure du jeune protagoniste. Avec sa mine espiègle, il est rempli de bonne volonté et d’innocence. Le réalisateur livre une mise en scène pleine d’originalité, même si certains plans sont là pour le style plus que la narration. L’histoire de cette petite famille indéfectiblement liés malgré les obstacles met du baume au cœur avec ses personnages attachants et plein de tendresse. Enfin, au niveau de l’allemand, il n’est pas difficile à comprendre contrairement à ce que je craignais.

A ECOUTER: Une interview de l’équipe lors du Festival Max Ophüls Preis: Hoffnung und Humor

INSTAGRAM: Le film possède également sa page Instagram dont voici le lien.